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04 Juillet 2018

Pays luthérien, égalitaire, de transparence et de confiance, le Danemark est un terrain d’étude inspirant, tant les ressorts de son économie et de sa société éclairent avec pertinence certains de nos débats. En tête des classements des pays les plus heureux au monde, ce modèle de société semble trouver un équilibre entre les différents pouvoirs. Retour sur le dernier séminaire de la 5e session thématique de l’IHEE à la recherche du secret de relations harmonieuses et équilibrées entre l’Etat, l’administration et ses citoyens / usagers et entre l’entreprise et ses parties prenantes.

« Copenhague est plus proche de Paris que de Rome », c’est par cette phrase que François Zimeray, Ambassadeur de France au Danemark a démarré son propos devant la délégation de l’IHEE. Au cours d’un échange très privilégié, il a livré avec sincérité son rapport d’étonnement sur la société danoise qui a constitué un décryptage parfait de ce modèle sur le plan économique, politique et social. 

Les questions de gouvernance d’entreprise, notamment aux demandes d’inclusion des parties prenantes étaient au cœur de notre voyage d’étude. Le monde scandinave a développé des réponses originales, juridiques ou institutionnelles, à ces questions, comme les fondations d’actionnaires[1] qui, œuvrant pour le « bien commun », interrogent autrement le sujet de la finalité de l’entreprise. Dans ce petit pays de 5 millions d’habitants, les fondations actionnaires sont plus de 1 350 (elles sont 4 en France) parmi 14 000 fondations et contrôlent les plus beaux fleurons industriels : Lego, Maersk (transport maritime), Carlsberg, Novo Nordisk et Lundbeck (groupes pharmaceutiques). Ces fondations mènent une double mission : favoriser le développement des entreprises qu’elles possèdent et dégager des moyens suffisants pour soutenir, de manière désintéressée, des actions d’intérêt général. La plupart des entreprises appartenant à des fondations sont également cotées en bourse. Les fondations actionnaires danoises sont garantes d’un actionnariat stable dans une perspective de long terme. Flemming Besenbacher, Chairman de la fondation Carlsberg a témoigné de ce modèle d’entreprise et démontré sa pertinence en matière d’innovation . En complément, Steen Thomsen, Professeur à la Copenhagen Business School, auteur de « The Danish industrial foundations » a partagé avec les auditeurs les résultats de ses recherches sur les fondations actionnaires, leur modèle de gouvernance et leur impact sur l’économie danoise. 

Le modèle social danois illustre également bien l’inclusion des parties prenantes dans l’entreprise. Flexisécurité, dialogue social… Mads Busck, consultant en marché du travail chez LO, syndicat de salariés a reçu la délégation IHEE pour parler de son rôle et de celui des salariés dans la vie des entreprises. 

Ce parcours au cœur du modèle danois a amené également les auditeurs dans une école communale de Copenhague. Comme son modèle social, le modèle éducatif danois est souvent regardé avec intérêt depuis l’étranger. Ce modèle promeut le développement personnel de chaque enfant et un esprit collaboratif, met en œuvre un cadre dans lequel chacun peut développer ses compétences, ses centres d’intérêt. Orienté vers l’intérêt général, il promeut le bien-être et le bien vivre en société : les cours d’empathie y sont même obligatoires !

Les auditeurs se sont rendus à Christiana, une ville dans la ville, au cœur d’une expérience sociale inédite. En pleine crise du logement en 1971, un groupe d’artistes, de hippies et de chômeurs s’installent dans une caserne désaffectée… Très vite, les résidents rédigent une charte et proclament la liberté de leur quartier. Symbole d’une culture alternative, Christiania compte environ 1 000 habitants et a développé ses propres services collectifs (voirie, école, radio, assemblées citoyennes). Controversé, le quartier est une des rares expériences historiques libertaires toujours en activité en Europe du Nord. 

Pour clore, cette immersion, la promotion s’est rendue au musée du design de Copenhague. L’exposition sur « la chaise danoise » et la mise en perspective historique de cet objet du quotidien est l’illustration parfaite de l’expérience et l’usage, emblématiques du design des pays nordiques. 

Bienveillance et confiance, implication et engagement, transparence et responsabilité ou plutôt accountability… autant de concepts clés dans la révolution de la relation client, qui sont à l’œuvre dans l’écosystème économique, social, politique au Danemark et dont les illustrations, directes ou décalées, lors des visites et des rencontres n’ont pas manqué d’enthousiasmé et d’inspiré les auditeurs. 

 

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