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Emploi des jeunes, contrat civique, réserve citoyenne : le point de vue de l’Institut de l’entreprise

06 Février 2015

06/02/2015 - Suite aux annonces du Président de la République, l’Institut de l'entreprise rappelle ses 10 propositions sur l’emploi des jeunes formulées cet été. Il se félicite de la mise en place d’un contrat civique et d’une réserve citoyenne qui préfigurent le Service Public Participatif qu’il appelait de ses vœux en 2013. Ces mesures doivent toutefois désormais être articulées avec une réforme de l’Etat visant à faire de ce dernier une véritable « plateforme » qui rende possible les initiatives individuelles et collectives.

Le Président de la République a affirmé ce matin qu'il fallait « aller plus loin encore » pour relancer l'économie et lutter contre le chômage, en évoquant notamment  « des réformes qui devront concerner l'emploi des jeunes ».
 
L’Institut de l’entreprise rappelle ici les  propositions qu’il a formulées cet été dans une étude menée dans le cadre de l’initiative New Skills at Work lancée par la Fondation J.P. Morgan et rédigée par Charles de Froment, expert du marché du travail.
 
Appelant à rompre avec une vision exclusivement pessimiste de l’emploi des jeunes qui encourage des politiques publiques inefficaces, insuffisamment ciblées et qui stigmatisent plutôt qu’elles n’encouragent la jeunesse, cette étude énonçait 10 propositions visant à replacer les jeunes au centre du jeu et à leur redonner les moyens de leur autonomie :
 

  • Rééquilibrer les transferts financiers entre générations pour une solidarité plus juste et plus efficace ;
  • Assurer une égalité de traitement entre les nouveaux entrants et les insiders sur le marché du travail ;
  • Favoriser l’avènement d’un Etat schumpétérien, au service de la création d’entreprises innovantes ;
  • Redonner ses lettres de noblesse au secteur des services « peu qualifiés » ;
  • Créer de nouveaux parcours de formation pour réconcilier les jeunes diplômés avec les entreprises qui recrutent ;
  • Révolutionner les pratiques de recrutement grâce aux outils numériques et dépasser le culte du diplôme ;
  • Faire de l’orientation scolaire et professionnelle une mission prioritaire de l’école et de l’université ;
  • Accroître l’autonomie des établissements pour répondre aux besoins d’individualisation des parcours scolaires ;
  • Sortir du tout-étatique en associant l’ensemble des parties prenantes (société civile, entreprises…) à la co-construction des politiques publiques ;
  • Généraliser la culture de l’expérimentation et de l’évaluation.

 
Ces propositions ont donné lieu à un débat auquel participait Najat Vallaud Belkacem, alors ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
 
Dans sa conférence de presse, le Président de la République a par ailleurs annoncé « la création d’une réserve citoyenne pour tous les Français et le renforcement de la démocratie participative ». L’Institut de l’entreprise se félicite de ces propositions visant à renforcer en France le poids de la société civile et à associer celle-ci à l’élaboration et la fourniture des services publics – en tant que telles, elles préfigurent le Service Public 2.0  ou « service public participatif » qu’il prônait en 2013 dans une note rédigée par Elisabeth Lulin. L’implication des citoyens dans la production du service public  implique toutefois une profonde réinvention de nos structures et procédures administratives et de notre culture civique ; une réflexion doit donc désormais s’ouvrir sur la réforme de l’Etat.
 
Il s’agit en effet d’envisager l’administration publique comme une plate-forme facilitant l'implication des citoyens par l'agrégation de leurs contributions et la mise en relation des offres et des besoins.

Aude de Castet
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