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Dirigeants d'entreprise et haute fonction publique : renouveler les termes du dialogue

Cette étude repose sur le constat d'une disjonction : le développement international rapide des entreprises françaises, depuis les années 1980, s'est traduit par l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants d'entreprise, dont le profil diffère sensiblement de celles qui l'ont précédée. Dans la différence entre cette génération et les précédentes, le rapport à la sphère publique joue un rôle majeur. En effet, au sein de la nouvelle génération de dirigeants, la proportion de ceux qui n'ont jamais exercé dans la fonction publique, et même jamais entretenu avec celle-ci de relations professionnelles suivies, a très sensiblement augmenté. Dans le même temps, les dirigeants d'entreprise issus des corps de l'État, qui restent leur passage dans les rangs de la fonction publique se contracter fortement. À l'évidence, cette double évolution a non seulement une influence sur la composition sociologique, mais aussi sur les valeurs et les systèmes de représentation des dirigeants d'entreprise.

Si cette évolution est jugée de façon positive par les entreprises, parce qu'elle marque la rupture avec un système endogamique dont les effets pervers sont apparus de manière récurrente dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, elle s'accompagne d'un risque réel : celui de voir se dégrader la qualité du dialogue entre élites publiques et élites privées, dès lors que s'efface la très grande proximité qui a longtemps pré-Lieu d'observation privilégié de cette mutation, l'Institut de l'entreprise a souhaité, à travers une enquête auprès de ses adhérents, approfondir ce constat pour mieux en identifier les causes et surtout les conséquences. Comment, dans un cadre de référence renouvelé, envisager la voie d'un dialogue fécond entre dirigeants publics et dirigeants d'entreprises ? Quels seront les nouveaux modes d'interaction ?

Ce chantier de réflexion, placé sous l'autorité de Baudouin Prot (directeur général de BNP Paribas), est conduit par Sylvain Fort (consultant chez DGM). Il a fait l'objet d'un rapport intermédiaire diffusé en janvier 2011.